Le 10 avril 2011, 4 cyclos de notre club ont participé au BREVET AUDAX 200 organisé par le club
de Pézenas. J'ai souhaité qu'ils nous fassent partager cette journée.
D'un entrainement printanier de 90-100 km, nous passons, Jacques, Jean-Marie, Michel et Philippe à des sorties préparatoires spécifiques de105,130 (avec col de
Rodomouls) durant les week-ends de la fin mars et 156 début avril. Cette dernière sortie, empruntant partiellement le parcours du brevet (de Malavielle à
Faugéres) est accomplie dans les conditions Audax, repas emporté, allure légèrement supérieure à 22,5 km/h de moyenne, de bonne humeur mais sous la grisaille ...
Le 10 avril, nous nous retrouvons donc tous les quatre un peu avant 6h30, au stade municipal de Pézenas. Jacques n'a jamais fait plus de 180 km en course (il est
resté un cadet dans sa tête ...) , les trois autres jamais plus que le kilométrage de l'ultime sortie de préparation. Et voilà Jacques qui a oublié sa pompe à pied, qui fait le tour de la
dizaine de voitures déjà présentes sur le parking, bien que le gonflage de ses roues nous semble plus que suffisant. Au moment de l'enregistrement par le capitaine de route du VCLLL-Pézenas, il
se présente devant lui avec une seule manchette au bras, heureusement il ne fait guerre frais , déjà 15°C, mais un fort vent de N.O 60-80 km/h (28°C prévus dans l'aprés-midi). Notre
trésorier nous a bien enregistrés, nous avons les inscriptions n°1 à 4.
Avant de nous élancer nous observons le matériel autour de nous, tous types de vélos, de la randonneuse au vélo carbone des coureurs pro, tous les types de sacoches,
sacs à dos, musettes ... Jean-Marie dit qu'avec ce vent les roues lenticulaires ne sont bien sûr pas utiles ! Michel s'exclame : "allez les filles, même pas peur ! " et premiers tours de
roues.
Sachant qu'avec un tel vent les risques de chutes sont à craindre dans un peloton d'une soixantaine de cyclos, nous nous plaçons immédiatement derrière les deux
capitaines de route du VCLL. Le vent est de trois-quarts arrière et latéral jusqu'au pied de La Boissière, mais au premier ravitaillement le peloton s'est déjà scindé en plusieurs groupes. La
remontée face au vent vers Puéchabon accentue encore la difficulté de progression. En retard sur les temps de passage, nous gardons toujours notre position en tête du premier paquet, parfois
réduit à un petit groupe d'une douzaine de cyclos, ce qui nous rassure un peu sur nos capacités à effectuer le brevet. Par contre nous y laissons beaucoup d'influx nerveux, la tension
nerveuse est permanente, nous craignons qu'elle nous manque dans les bosses.
Ca frotte de plus en plus quand le parcours tourne vers l'ouest. Aprés le Pont du Diable à Saint-Jean de Fos le vent latéral est terrible, il nous emporte sur la
voie de gauche ! Les voitures dans les deux sens klaxonnent, nous n'entendons pas le moteur de celles qui ne le font pas. La tension nerveuse est maximale. Soulevé par le vent, Michel fait une
embardée d'un demi-mètre dans une descente contournant le Salagou par le nord, le groupe fait constamment l'accordéon, les mains ne lâchent pas les freins, nous nous maintenons dans les premières
places par sécurité, l'effort est considérable.
Connaissant bien la bosse menant à Celles, Michel prévient les copains que le vent va devenir favorable de trois-quarts arrière, et les encourage à rester bien
solidaires, compacts, car ça va accélérer à coup sûr. Jacques est le plus frais, le plus à même à nous emmener pour suivre les deux VCLL qui partent fort dés le pied. Nous savions Jean-Marie
handicapé par son gabarit pour faire un effort à cet endroit, il donne tout, il est légèrement décroché ... le peloton n'existe plus, tout le monde explose derrière. Jean-Marie s'accroche, il est
à 50 mètres mais nous ne le reconnaissons pas en nous retournant. Nous nous relevons et il nous rejoint à Octon. C'est de nous quatre le plus méritant, le plus Audax en fait. Un peu égoïste, nous
prenons la roue, nous nous accrochons chacun à la roue qui nous précède, cherchant plus un abri qu'une véritable aspiration. Dans un groupe de dix à ce moment-là, le vent est alors de face
jusqu'au pied du col de la Merquière. Nous n'y arrivons que sept cyclos ensemble. Avoir reconnu le col avec vent arrière le dimanche précédent ne sert à rien dans de
telles conditions.
Haletant, philippe dit une fois de plus à Michel : "ça va être une boucherie !" Michel n'a que l'espoir que les deux VCLL lèvent le pied dés les premières pentes. Un
cyclo du MUC qui doit sûrement penser la même chose laisse 5 mètres, Michel en laisse 5 de plus, mais devant ça ne baisse pas de rythme. Jacques est bien placé dans la roue du VCLL qui emmène,
c'est le seul qui peut suivre, ils seront 3 dans le col. Philippe s'est relevé par crainte d'exploser. Michel voit qu'un effort dans cette situation ne servirait à rien, sinon à exploser plus
haut. Jean-Marie est seul derrière. Il faut maintenant monter un par un, au train, se mettre en danseuse nous stopperat à la sortie des virages. Au passage du col le vent est si fort qu'il nous
projette vers la route de Brénas, il faut "guidonner" un bon coup pour maintenir la direction vers la descente.
Une seule pensée, rallier Bédarieux pour la pause repas en se laissant glisser jusqu'au Mas-Blanc et s'économiser. Jean-Marie nous rejoint alors, seul depuis Celles,
il a été tenace. Nous mangeons tout ce que nous avions prévu en nous promettant de faire apporter le repas lors d'un prochain brevet. Sachant que nous allions nous refroidir (les écarts
dus au vent ont allongé la pause-repas), Michel jette son tricot trempe et enfile le sec qu'il a emporté. Prévoyant, Jacques est bien au sec dans le sien type Goretex qu'il a acheté la veille.
Puis c'est un bon café avant la reprise.
Dés aprés le départ Jean-Marie déraille, Michel l'attend. Il déraillera encore une fois plus loin, à Bassan. Jacques et Philippe se retournent pour voir s'ils
peuvent se replacer car la bosse des Carrières va être dure à froid, le vent arrière ne sert à rien car nous avons les "grosses cuisses". Bien sûr Jacques est tout devant à Poux-Sec.
Philippe est quelques mètres derrière Michel qui l'encourage à revenir et prendre sa roue. Jean-Marie s'accroche dans le groupe qui suit. Descente dévalée vers Faugères, Michel dit à Philippe
qu'il faut rentrer, mais ce n'est pas possible avant Gabian (62 km/h au compteur). Le peloton se reforme au cours de la seule pause de l'aprés-midi, mais jusqu'à l'arrivée des 200 km il se
scindera à chaque bosse. Avec plus de 150 km au compteur, nous décidons de rester tous les quatre bien groupés car la portion de Bessan à Tourbes sera à nouveau face au Cers, plein
N.O. Aprés Bessan, le pédalage est mécanique, nous avançons pour avancer, pour finir. Face au vent c'est l'accordéon dans le peloton sur des routes trés étroites, les mains en permanence sur
les freins. Dans un ralentissement, michel serre les patins de la roue arrière. Même avec le mal aux jambes il est préférable de faire encore des efforts pour se replacer au mieux. Enfin c'est
l'arrivée, un peu moins de 8h30 de route, moyenne respectée.
Michel se dirige immédiatement vers le capitaine de route pour le remercier d'une chaleureuse poignée de main : "tu mérites nos remerciements car tu auras pris du
vent, toi !"
La collation à l'arrivée partagée par tous est la bienvenue. Jacques n'a pas mal aux jambes et les trois autres n'ont jamais autant mangé sur un vélo ...
Michel le dira en termes plus "fleuris" ! Rien de mieux qu'un tel brevet pour souder l'amitié entre nous !!!
J., J-M., M. & Ph.